Comment mieux répartir les structures, les professionnels et les équipements de santé sur le territoire sénégalais ? C’est l’un des enjeux auxquels entend répondre la Carte sanitaire 2026, présentée jeudi 10 septembre à Dakar lors d’une journée nationale de partage organisée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
L’ambition affichée est de faire de cette carte un véritable outil de planification de l’offre de soins. Elle doit notamment permettre de réduire les disparités territoriales, d’améliorer la qualité de la prise en charge et d’orienter les investissements sanitaires jusqu’en 2030.
Pour y parvenir, 720 milliards de FCFA d’investissements sont prévus, selon les informations communiquées par le ministère.
Des structures de santé au plus près des territoires
L’une des principales orientations concerne le maillage sanitaire. La nouvelle organisation prévoit la création d’un centre de santé de niveau 3 dans chaque département, avec notamment une offre de soins spécialisés, ainsi qu’un centre de santé de niveau 1 dans chaque commune.
À l’échelle des pôles territoriaux, des hôpitaux d’excellence et des hôpitaux nationaux sont également prévus.
Mais la réforme ne repose pas uniquement sur la construction de nouvelles structures. Elle prévoit la constitution de réseaux hospitaliers permettant de partager certaines ressources, notamment les personnels, les lits et les équipements. Des réseaux intégrés d’urgences et des filières coordonnées de soins doivent également être développés.
Pour les patients, l’objectif annoncé est de disposer d’une offre de soins mieux organisée sur le territoire et de faciliter l’orientation entre les différents niveaux de prise en charge.
Télémédecine et équipes mobiles pour les zones enclavées
La question de l’accès aux soins dans les territoires difficiles d’accès occupe également une place importante dans la Carte sanitaire 2026.
Le ministère prévoit de s’appuyer sur la télémédecine, les équipes médicales mobiles et les tests de diagnostic rapide pour renforcer l’offre disponible dans les zones enclavées.
Des unités consacrées à l’accueil des patients, à la promotion de la santé et à l’accompagnement des usagers doivent par ailleurs être créées.
Cette approche élargit ainsi la réflexion au-delà de la seule présence d’un établissement : il s’agit aussi d’organiser les parcours de soins et de mobiliser différents moyens pour atteindre les populations.
Le numérique intégré à la transformation du système
Autre axe annoncé : la digitalisation. La Carte sanitaire prévoit notamment le déploiement du Dossier patient informatisé, destiné à accompagner la modernisation du système de santé.
Les ressources humaines sont également concernées. La formation universitaire devra être davantage alignée sur les besoins en professionnels de santé identifiés sur le territoire.
Le dispositif prévoit enfin l’introduction d’indicateurs objectifs de performance pour évaluer les gestionnaires des structures sanitaires.
À travers cette nouvelle Carte sanitaire, le Sénégal fixe ainsi plusieurs orientations pour faire évoluer son système de santé à l’horizon 2030. L’enjeu sera désormais de traduire les investissements annoncés et les nouvelles modalités d’organisation en améliorations concrètes de l’accès aux soins, notamment pour les populations vivant loin des grands centres urbains.
SOURCE(S) : Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal
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